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Oct 07

Dieu, pourquoi ?

Auschwitz, tsunami, maladie, accident de la route, famine et sécheresse…


Régulièrement surviennent des événements tragiques… Si Dieu existe et s’il est vraiment bon, comment permet-il ces choses ?

Une réponse satisfaisante au malheur et à la souffrance n’existe malheureusement pas. Et même, s’il existait une réponse rationnelle, cela ne suffirait sans doute pas à apaiser nos sentiments. Il subsiste toujours un malaise avec lequel il nous est pénible de vivre. Souvent, la seule bonne réponse est une réponse muette, une oreille attentive et une main secourable !


Réfléchissons un peu…

Pour commencer notre réflexion, laissons un instant Dieu de côté. Il y a certaines choses face auxquelles nous devons oser ouvrir les yeux.

Parfois, le malheur et la souffrance sont une conséquence directe de ce que l’on fait. Nous sommes responsables de nos actes et en portons les conséquences. Celui qui joue avec le feu prend le risque de se brûler… Si l’on mange mal ou de trop, on peut être malade ou avoir des crampes d’estomac. Les conseils donnés par la bible peuvent nous aider à éviter certains inconvénients…

Parfois, le malheur est une conséquence des actes ou du comportement des autres . Malheureusement, les gens se font du mal, que ce soit consciemment ou pas. Egoïsme, violence, abus de pouvoir… Là aussi, le message de paix, d’amour et d’amitié énoncé dans l’évangile peut être d’un grand soutien !

Parfois, la cause du malheur ne dépend pas d’un seul individu mais des circonstances générales, ou de la collectivité. Qui est responsable de la pollution de la nature, cause de tant de misère ? L’usine d’à côté ? La société pétrolifère ? Ne serions-nous pas tous co-responsables ?

S’il n’y avait pas de voiture, il n’y aurait pas non plus d’accidents de la route. S’il n’y avait pas d’avion, il n’y aurait pas de crash aérien. Si… Et pourtant, tout ce luxe, nous ne voulons pas nous en passer, pas vrai ? Même une partie des catastrophes naturelles peut être attribuée à l’intervention de l’homme (déforestation, pollution, urbanisation…).

Parfois, un accident est dû simplement au hasard, un coup du sort, de la malchance… et il est alors difficile de déterminer une cause. Fatalité ? Concours de circonstances ? … ou Dieu a-t-il malgré tout quelque chose à voir dans ce malheur ?


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Bouc émissaire

Admettons-le, il est pratique de désigner un bouc émissaire. Et pourtant, rejeter la faute sur Dieu n’apaise pas la douleur et ne résout rien. De plus, nous devons avoir le courage d’admettre notre propre responsabilité dans ce qui nous arrive !


Punition… récompense…

Pour certains, c’est simple : tout est question de punition ou de récompense. Si tu as des problèmes, c’est parce que tu n’es pas en ordre avec Dieu ! Si tu es fidèle, tout va alors pour le mieux dans le meilleur des mondes… On ose même parler de punition pour des populations ou des pays entiers qui subissent un tremblement de terre ou un tsunami…

Reprenons quelques affirmations courantes :

« Si tu crois en Dieu et que tu lui es fidèle, il ne t’arrivera rien… » ???

Ce n’est pourtant pas ce pensait le sage Salomon. Dans le livre de l’Ecclésiaste, au chapitre 3, il écrit ‘qu’il y a un temps pour chaque chose’. Un temps pour rire et un temps pour pleurer, un temps de prospérité et un temps de misère… En fait, la vie est ainsi faite et Salomon ne fait pas de distinction entre les croyants et non-croyants. Voyez plutôt quelques figures bibliques comme Jean Baptiste, Elie, Jérémie… Ils étaient fidèles, ce qui ne les a pas empêchés d’avoir de sérieux problèmes.

De plus, cette affirmation peut être la cause de sentiments de culpabilité qui rendent la situation encore plus insupportable.

« Le malheur et la souffrance sont une punition de Dieu… » ???

Connaissez-vous Job, cet homme qui a dû subir de terribles malheurs ? Ses ‘amis’ essayaient de le persuader que ses souffrances étaient dues à ses péchés. Dans Job 42.7, Dieu réagit fortement contre ces propos moralisateurs en disant « qu’ils n’ont pas parlé de Lui correctement ».

Jésus non plus ne part pas du principe que le malheur est une punition de Dieu. Lisez par exemple le début du chapitre 9 de Jean où les disciples pensent que la cécité d’un homme provient du fait qu’il ait péché, ce que Jésus rejette catégoriquement.

Luc 13.1-5 est également intéressant. Pour Jésus, les victimes de l’effondrement d’une tour ou de la cruauté de Pilate ne sont pas des gens plus mauvais que les autres !

« Dieu envoie des épreuves pour tester les gens et les rendre plus forts… » ???

Soyons clairs. Tout d’abord, Dieu n’a pas besoin d’envoyer des épreuves pour connaître la valeur d’une personne.

De plus, tout le monde ne sort pas plus fort d’une épreuve. Certains sont parfois complètement anéantis par leurs problèmes. Et si c’est Dieu qui envoie ces catastrophes comme le prétendent certains, c’est alors Lui qui devient responsable de leurs malheurs…

L’apôtre Jacques ne laisse planer aucun doute : cela ne tient pas debout ! Dieu n’est pas un marionnettiste et n’utilise pas le malheur pour éprouver les hommes !


Et pourtant… Dieu le permet !?

Ben oui, effectivement, puisque des malheurs surviennent effectivement… Pourtant, il ne faut pas s’arrêter là. Retournons un instant au récit de la Genèse afin d’éclaircir certaines choses. La Genèse peut en effet être considérée comme une sorte de carte d’identité de l’homme et du monde.

L’homme a été créé comme être libre qui peut et qui doit faire des choix conscients et qui doit également en porter les conséquences.

Aujourd’hui, nous ne portons pas uniquement les conséquences de nos propres choix ou ceux de nos contemporains mais nous sommes également tributaires de la direction prise depuis des siècles par l’humanité (dans un langage biblique, on dirait depuis la ‘chute’).

C’est la réalité, qu’on l’apprécie ou pas.

  • Jeter Dieu par-dessus bord n’aide pas à avancer. Au contraire, on se prive ainsi d’une source de sagesse et de discernement (afin de pouvoir éviter certaines choses), de consolation et de force (pour mieux affronter les événements).

  • On ne peut pas revendiquer sa liberté et en même temps reprocher à Dieu de ne pas intervenir lorsque les choses vont mal…

  • On peut se fo-caliser sur le sens de la souffrance alors qu’il y a une question plus im-portante encore : Comment vais-je donner un sens à ma vie, même lors de circonstances difficiles et face au malheur. Il est préférable de se mettre au travail positivement et de voir la réalité comme un défi !

Les paroles de l’apôtre Paul dans sa lettre aux Romains (chapitre 8 versets 28) sont certainement un petit coup de pouce :

« Tout coopère pour le bien de ceux
qui aiment Dieu. »

Pas de baguette magique donc mais bien une attitude positive face aux expériences douloureuses : apprendre, devenir plus sage et plus fort… Des réactions négatives sont souvent compréhensibles mais ne résolvent pas le problème.

Le difficile et douloureux combat de Job dans la souffrance le pousse finalement à admettre : « Mon oreille avait entendu parler de toi; maintenant mon œil t’a vu. » (Job 42.5)


Des perspectives positives

La bible raconte qu’à la création Dieu commence un projet de vie et de bien-être. Il dit lui même que c’était « très bon ». Malheureusement, des choses ont mal tourné. Les choix que l’homme fait en tant qu’être libre ne sont pas toujours les meilleurs, bien au contraire. Heureusement la bible nous montre aussi que Dieu n’abandonne pas aussi vite son idéal. Même si nous ne sommes pas capables de tout expliquer ou de tout comprendre, et même si cela n’enlève pas forcément tout souci et toute souffrance comme d’un coup de baguette magique, une porte ouverte sur l’avenir est certainement la bienvenue !

« Alors je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n’était plus. (…) J’entendis du trône une voix forte qui disait : La demeure de Dieu est avec les humains ! Il aura sa demeure avec eux, ils seront ses peuples, et lui-même, qui est Dieu avec eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux, la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu.
Celui qui était assis sur le trône dit : De tout je fais du nouveau. » – Apocalypse 21.1-5