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Job et son Dieu


Job et son Dieu

Pourquoi ne laisserai-je pas tomber Dieu lorsque rien ne va plus?

 


Comme nous l’avons déjà mentionné dans la première étude, le livre de Job est assez particulier. Rédigé sous la forme d’une très belle poésie, il démontre avec beaucoup de pertinence les réactions de l’être humain lors de circonstances extrêmes. Il montre aussi comment les relations humaines peuvent être apaisantes et réconfortantes… ou pas !
 
Nous avons déjà analysé l’évolution par laquelle Job passe en tant que croyant. Nous allons à présent nous focaliser sur la relation entre Job et Dieu. Après une première réaction pieuse et instinctive influencée par l’image traditionnelle qu’il a de Dieu et où il semble accepter sa situation, Job commence à réfléchir, à réagir, à accuser même…
 
Cela vaut la peine de lire attentivement les versets mentionnés plus  bas…
 


Dieu contre l’homme ?
 
Job 6.4
Pour Job, le point de départ est l’idée traditionnelle affirmant que le malheur est envoyé par Dieu. D’ailleurs, Dieu ne tire-t-Il pas toutes les ficelles ? (voir aussi 12.7-10 et suivants !; 16.12, 13)
Par la suite, Job commence à remettre en question ces affirmations classiques et oh combien pieuses : les méchants ne semblent pas aller plus mal que les croyants (21.7-15)
 
Job 7.11-21
Dès que Job se met à réfléchir, il engrange un processus qui a du mal à s’arrêter. Il ne remarque pas de lien proportionnel entre ce qui lui arrive et une éventuelle faute qu’il aurait commise…
« Je ne comprends pas pourquoi Dieu ne me laisse pas tranquille… Mon péché est-il si grave qu’Il doive me punir ainsi? Qu’en est-il du pardon ? »
 
Un homme (un croyant !) peut-il s’exprimer de cette façon envers Dieu ? Traditionnellement, ce n’est pas de bon ton. On remarque pourtant que des hommes placés dans des circonstances extrêmes éprouvent ce besoin. Il est significatif que Dieu ne le reproche pas à Job alors qu’Il le fait envers ses amis (Job 42.7). Comme si Dieu était moins ‘susceptible’ que nous le croyons…
Job 9.1-22
Ce qui lui arrive, Job le ressent de plus en plus comme une injustice. « Ce n’est pas juste. Il n’y a aucun recours contre Dieu. Il est trop fort. Il peut m’envoyer des épreuves même si je ne le mérite pas… »
 
Job 9.27-32
« Contre Dieu, on perd toujours. Même si je fais de mon mieux, de toute façon, il me déclarera coupable ! (influence du système de pensée théologique traditionnel !)
 
Job 9.32, 33
« J’ai besoin d’un arbitre, un intermédiaire pour affronter Dieu. »
 
Job 10.12-17
« Dieu est un Dieu plein de pièges. »
 
Job 23
« J’aimerais me réfugier auprès de Dieu mais Il est si lointain et introuvable. »
 
Job 30.20
Dieu ne répond pas (31.35 Si seulement Il répondait..!)
 
Toute une série de propos que l’on n’est pas prêt d’entendre dans les églises. Secrètement, beaucoup de personnes ont déjà eu ces mêmes pensées sans pour autant oser les exprimer. Job le fait à notre place…
 


Entre espoir et désespoir
 
Job passe d’un sentiment à l’autre (13.13-18; 14.7-15; 19.25-27).
 
Job 16.19-21 est un passage qui prend aux tripes : « Dès maintenant, j’ai un témoin dans le ciel, j’ai un répondant dans les hauteurs. Mes amis me traitent avec insolence, c’est Dieu que j’implore par mes larmes. Puisse-t-il être l’arbitre entre l’homme et Dieu, entre l’être humain et son compagnon ! »
 
Ce passage est en quelque sorte un verset-clé dans le livre de Job. En fait, il en appelle à Dieu contre Dieu. Il ne veut pas de ce Dieu qui lui apparaît si arbitraire et pourtant il ne peut se passer de Lui. Aux versets 4 et 5 du chapitre 42, après son processus de deuil, Job ajoute quelque
chose qui renforce encore l’importance et la signification de ses propos : « Mon oreille avait entendu parler de toi; maintenant mon œil t’a vu ».
 


Voir de ses propres yeux
 
En tant que croyant, on peut vivre pendant des années avec les clichés, les images de Dieu reçues de l’enfance, les façons de penser et les affirmations pieuses conven-tionnelles. Tôt ou tard, on court pourtant le risque d’être confronté à des événements ou des situations où les visions dogmati- ques étroites n’offrent aucune réponse ni perspective. Il arrive à ce moment que beaucoup ‘perdent leur foi’. Cela peut aussi être le point de départ d’une réflexion profonde qui conduira à une nouvelle sorte de foi, plus personnelle, plus consciente et plus intense !