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Avr 08

Vers une résolution des conflits conjugaux

Les conjoints redoutent les différends

qui s’élèvent entre eux,

car ils y voient une menace à leur relation.

A cause de cette notion erronée,

bien des couples évitent les conflits

en refusant de reconnaître qu’ils ont surgi. 

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LES CONFLITS entre mari et femme sont inévitables.
L’un et l’autre perçoivent la réalité de manière différente. Leur vie conjugale serait assez ennuyeuse si ce n’était pas le cas.
Mais ces différences peuvent susciter des malentendus, et les malentendus risquent de donner lieu à des discordes, à la frustration et à la colère.
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Les conjoints redoutent les différends qui s’élèvent entre eux, car ils y voient une menace à leur relation. A cause de cette notion erronée, bien des couples évitent les conflits en refusant de reconnaître qu’ils ont surgi.
Ils ferment les yeux et repoussent leurs sentiments afin de les empêcher d’affleurer à la surface. Mais ignorer les conflits ne les résout pas. En fait, la répression des émotions négatives représente un risque grave pour la relation entre époux.
Voici quelques suggestions constructives en vue de résoudre les discordes.
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1-    Choisissez le meilleur moment, le meilleur endroit

Il vaut mieux résoudre les conflits au moment où ils surgissent, mais si l’un des conjoints est très irrité ou si son attitude est déraisonnable, il vaut mieux remettre à plus tard l’analyse de la situation. Cependant, il ne faudrait pas la retarder trop longtemps.

Si votre conjoint ne mentionne plus le sujet de discorde, il convient que vous preniez l’initiative pour résoudre la difficulté.
Efforcez-vous de choisir un moment où vous ne serez pas interrompus. Vous pourriez couper le téléphone ou décider de ne pas ouvrir si quelqu’un sonne à la porte.
Si les enfants ne font pas parti de la discussion, expliquez-leur que vous avez à parler avec votre conjoint et demandez-leur de ne pas vous interrompre.
Si vous pouvez résoudre le problème de façon constructive, sans perdre le contrôle de vos émotions, ce ne serait pas un mal que les enfants soient présents, car ils apprendraient ainsi à résoudre sainement leurs propres conflits.

Il ne convient pas de régler les discordes tard le soir.

Les décisions prises en état de fatigue physique, mentale, tendent à s’intensifier émotionnellement. Il vaudrait mieux se coucher à une heure raisonnable et se lever plus tôt le lendemain pour aborder le sujet calmement.

Des familles bien organisées consacrent une soirée par semaine pour exprimer leur mécontentement. Elles évitent ainsi les conversations désagréables, pendant les repas par exemple. Ce moment leur permet aussi d’examiner une situation ou une autre qui risque de s’aggraver.

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2 – Parlez sans détour

Exprimez vos sentiments clairement mais avec respect.

Efforcez-vous de parler à la première personne. Par exemple :
« Je me sens frustré parce que… » Parlez avec précision de ce qui vous blesse ou vous peine, sans laisser monter la colère. Ajoutez les raisons qui secondent votre opinion.
Expliquez comment vous croyez que le problème peut être résolu, et ce qui est en jeu. Contrôlez le ton de votre voix.
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3 – Ne vous écartez pas du sujet

Concluez l’analyse d’un problème avant de passer à un autre.

Si vous abordez plusieurs points en même temps, vous avez moins de chance de pouvoir les résoudre.
Établissez comme règle que vous n’aborderez pas un second problème avant d’en avoir terminé avec le premier. Si besoin est, faites une liste de nouvelles difficultés à résoudre une prochaine fois.
Évitez de soulever d’anciens arguments. Mettez-vous d’accord que si un reproche ou une accusation a trait à un fait qui s’est passé il y a pus de six mois, il ne compte pas.
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4 – Faites preuve de respect

Même si vous n’êtes pas d’accord avec le point de vue de votre conjoint, même si vous vous y opposez catégoriquement, faites preuve de respect pour ce point de vue, car votre conjoint a le droit de l’exprimer.

Certaines choses ne doivent pas surgir lors d’une discussion : mots grossiers, menaces de divorce ou de suicide, observations blessantes au sujet des beaux-parents ou des parents, insultes à l’apparence ou à l’intelligence du conjoint, cris, coups.
Il est difficile d’effacer la blessure provoquée par des mots prononcés dans un accès de colère.
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5 – Faites une liste des possibilités de solution

Une fois que vous aurez exprimé vos sentiments de manière détaillée et constructive, vous comprendrez les questions en jeu et pourrez présenter des alternatives raisonnables.

Analysez toute solution possible, même si elle semble peu pratique, car de l’ensemble se présentera une solution définitive.
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6 – Évaluez les solutions

Après avoir analysé toute l’information disponible, vous serez à même de choisir intelligemment la meilleure méthode pour trouver la solution.

Vous pourrez à ce moment-là revoir la liste des solutions possibles ou échanger vos idées sur les conséquences éventuelles de chacune d’entre elles.
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7 – Choisissez la solution la plus acceptable

Ayez pour but d’adopter la solution qui satisfera de plus près les besoins de chaque conjoint, ou à défaut les besoins du conjoint qui se sent le plus affecté ou blessé.

Il est probable que pour arriver à ce choix vous aurez à négocier et faire des compromis. L’objectif de ces analyses ne devrait pas être de remporter la bataille, car lorsqu’il y a un gagnant, il y a aussi un perdant, et personne n’aime perdre.
Il est possible de trouver des solutions lorsque l’un des conjoints cède volontiers, lorsque tous deux arrivent à un accord, ou lorsque l’un cède aux exigences de l’autre. Il faut veiller à ce que ce ne soit pas le même conjoint qui cède toujours.
Il faut deux personnes pour créer un conflit, et aussi deux personnes pour le résoudre.
Céder à l’autre en pleine discorde requiert beaucoup de maturité, car dans ce cas on admet que l’analyse faite de la situation était erronée et qu’à présent on est prêt à changer d’avis.
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8 – Mettez votre décision en pratique

Décidez de ce que chacun doit faire, où et quand.

La décision prise, souvenez-vous que deux personnes perçoivent fréquemment l’accord de façon différente.
Pour être d’accord, il convient de mettre la décision par écrit ; les conjoints la signeront. Cette technique est également efficace avec les enfants, particulièrement les adolescents.
Certains conflits ne peuvent être résolus que par des négociations amicales.
Fréquemment, si l’un cède, il éprouve du ressentiment et peut être de mauvaise humeur pendant le restant de la journée, refuser de parler, mal dormir et chercher à prolonger la discussion jusqu’au lendemain. Son conjoint peut également se montrer obstiné.
Chacun se sent justifié en insistant sur son propre point de vue. Mais est-il réellement important de savoir qui a raison et qui a tort ?
Un couple dont les deux conjoints se soucient l’un de l’autre devrait pouvoir résoudre une situation difficile selon l’importance que chacun accorde aux besoins de l’autre à ce moment-là. Il est plus facile d’arriver à une solution lorsque chaque conjoint est disposé à envisager le problème selon le point de vue de l’autre.
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SI L’UN DES CONJOINTS TRANSGRESSE LES RÈGLES

Autant qu’on cherche à éviter les discordes, il est inévitable qu’elles surgiront. Il est possible d’éviter la dispute en adhérant à une simple formule.

Au lieu de répondre par des mots blessants en pleine discussion, il vaut mieux choisir de se taire.
Par exemple, si votre conjoint pense qu’une de vos demandes parfaitement légitimes constitue une agression ou une manifestation d’hostilité, vous pourriez décider de ne pas discuter, mais dire calmement :
« Je regrette que ce que je t’ai dit t’ait donné cette impression. Voilà ce que je voulais vraiment dire… »
Si votre conjoint a l’habitude de se montrer sarcastique, dites-lui franchement ;
« Je suis blessée de tes observations à mon sujet. Je sais que j’en fais aussi qui te font de la peine, mais essayons d’éviter ce genre de commentaire à l’avenir ».
Lorsque l’un des conjoints exprime une exagération ridicule, par exemple :
« Tu ne rentres jamais à l’heure à la maison ! », au lieu de corriger cette déclaration, il vaut mieux dire quelque chose de ce genre :
« Je sais que cela t’ennuie et que tu penses que cela arrive souvent. J’essaierai que cela ne se reproduise plus ».
Si votre conjoint transgresse l’accord de ne pas vous reprendre parce que vous avez dépensé trop d’argent, ne répondez pas avec colère, mais dites-lui qu’il a raison et qu’à l’avenir vous vous efforcerez de contrôler vos achats.
A un autre moment, lorsqu’il est plus calme, abordez le sujet du budget familial et efforcez vous d’arriver à un accord satisfaisant pour vous deux.
Lorsque les conjoints se disputent irrationnellement, ils risquent de détruire leurs relations.
Si votre conjoint oublie et transgresse les règles que vous avez tous deux établies, apprenez néanmoins à agir raisonnablement.
Décidez de ne pas discuter, mais d’exposer avec sérénité et précision les faits qui ont provoqué la situation en question.
Contrôlez votre agressivité tout en exprimant vos propres pensées, sentiments et convictions.
Vous pouvez éviter de nombreuses disputes et discordes si vous décidez de ne pas réagir avec colère mais de répondre de façon mesurée, courtoise et réfléchie.